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Au Guilvinec

Au Guilvinec

 

Au port de pêche du Guilvinec,

J’ai rencontré de drôles de mecs

 

Des marins sur leur chalutier

Qui doiv’ pas connaît’re leur métier.

Ils s’prenn’nt pour des agriculteurs

Ratiss’nt la mer avec vigueur,

Faisant main bass’ sur tout c’qui traîne,

Obéissant au capitaine

Qui pour survivr’ n’a pas d’aut’choix

Que d’vider la mer d’ses anchois

 

Au port de pêche du Guilvinec,

Les marins c’est pas des blanc-bec

 

3 heures du mat’, ils partent en mer

Bien qu’elle soit plus très nourricière,

Redorment quelques heures à fond’cale,

Dans un confort très monacal,

Le temps d’arriver à l’endroit

Qu’ils espèrent bourré de baudroie.

La mer pour eux, c’est pas la plage

Mais leur remède anti-chômage

 

Au port de pêche du Guilvinec,

Les gars pour gagner leur bifteck

 

Ils remontent chalut sur chalut

Des pas bien pleins, des guère joufflus.

Ils vident tout sur un grand carré,

En gardent 1/3 pas écoeurés

D’avoir à j’ter par-dessus bord

Les 2/3 de leur pauv’ trésor :

Les trop petits, les écrasés

Les invendables à la criée

 

Au port de pêche du Guivinec

Les marins, l’temps ils font avec

 

Jour après jour, qu’il pleuve, qu’il vente

C’est pas ça qui les épouvante

Ils tolèrent tout, la flotte, le froid,

La fatigue et la peur parfois,

D’vivre en ciré à moitié g’lés

Malgré les cafés avalés.

Ils sav’nt les risques de naufrage

S’disent : plutôt ça qu’être au chômage

 

Au port de pêche du Guilvinec,

Les gars font pas d’salamalec

 

Ils savent qu’ils n’seront jamais riches

Même s’ils nous laissent la mer en friche

Les mouettes ne les font plus rêver

C’est la mer qui les fait crever

Dans leur cœur ils n’ont plus d’espoir

Et quand ils rentrent chez eux le soir

Ils s’taisent et savent que leur métier

Meurt en même temps qu’les chalutiers.<