Conte (septembre 2017)

Sujet de septembre 2017 : Ce matin, il (elle) est parti à la rencontre de ….

Je vous propose de continuer ce sujet qui sera un conte pour enfants à lire le soir ; pour nous remettre  « en jambes » et surtout pour le plaisir, je propose d’y inclure au fil des phrases les termes suivants :

  • Epine de cactus
  • Doudou
  • Cerise
  • Câlin
  • Magique
  • Forêt
  • Maman
  • Crêpe
  • Colère
  • Siège-auto
  • ———————————————————————————————-
  • Corinne
  • Ce matin, « Il » est parti à la rencontre du peuple invisible, de ceux qu’on ne voit pas, de ceux qui se dissimulent aux yeux de la plupart des gens. « Il » était un petit être hors du commun, les personnes qui le voyaient le nommaient par ce diminutif car son véritable nom leur était imprononçable : Ilyxabtogarsem.
  • Il s’était installé près d’une famille humaine quelques années auparavant et souhaitait maintenant retrouver la sienne, celle des elfes des bois.
  • Il décida donc de retourner là où il était supposé avoir disparu, près d’une forêt accueillante bordant un lac d’eau cristalline aux reflets si miroitants qu’on le disait magique.
  • Les parents de jeunes enfants aimaient venir se détendre sur les berges verdoyantes de ce lac car il semblait que le lieu apaisait fortement les colères de bambins au tempérament fougueux.
  • C’est ainsi donc qu’un jour, la famille adoptive d’ « Il » s’était retrouvée là, leur fils de trois ans pleurant toutes les larmes de son corps après, supposait-on, avoir perdu son doudou adoré. Rien ne le consolait ; il repoussait fermement tout geste d’affection venant de ses parents qui, dans l’incompréhension de cette attitude inconnue de sa part jusqu’alors et en désespoir de cause, l’avaient emmené jusqu’au fameux lac.
  • A cette époque, « Il » était un tout jeune elfe encore peu expérimenté et à qui on n’avait pas encore expliqué le monde étrange des humains.
  • Sagement assis sur un nénuphar en fleur, discutant du goût délicat de la dernière rosée du matin avec une libellule demoiselle et une fée , c’est d’abord par la vibration de leurs pas qu’ il les sentit arriver. Aussitôt la libellule s’envola vers d’autres rives et la fée disparut dans le cœur de sa fleur.
  • Puis vinrent les pleurs gémissants de l’enfant…
  • « Il » fut d’abord étonné, personne dans son monde ne s’exprimait de cette façon. Comme il était de nature curieuse et en plein apprentissage de la vie, il resta là à les observer. Il savait que c’était sans risque pour lui car généralement les humains ne les voyaient pas : ou ils n’en n’avaient pas la capacité, ou ils étaient trop préoccupés par leur petite personne pour les remarquer. La seule consigne qu’on lui avait donné était de ne pas trop s’approcher car sa mission elfique était dévolue aux plantes et aux arbres, un point c’est tout.
  • Mais « Il » était avide de connaissance sur les autres formes de vie…
  • Ainsi donc fut sa première rencontre avec les hommes et particulièrement un petit d’homme vagissant.
  • Il regardait la maman, dépassée par les événements, proposer dans une énième tentative, une tartine à la confiture de cerises au petit désespérément gémissant… et essuyer un énième refus accompagné d’un « Nooooon » appuyé d’un regard d’incompréhension.
  • « Il » ne pouvait que constater leur impuissance à consoler l’enfant, mais aussi tout l’amour qu’ils lui portaient malgré cela.
  • Il s’approcha du petit assis par terre et attira son attention. Quand il constata que lui seul pouvait le voir, il décida que ce n’était pas dangereux et s’approcha plus près.
  • L’enfant s’arrêta de pleurer et le scruta avidement. Mais l’instant de curiosité passée, il se remit à pleurer de plus belle.
  • C’est alors qu’ »Il », tout proche de son pied, aperçut une épine de cactus plantée dessous. « Il » reconnut immédiatement le figuier de Barbarie, les végétaux c’était son rayon et il connaissait cette plante même si elle était cultivée en pot. Une vieille abeille lui avait longuement conté la saveur miellée de ses fleurs si rares mais si goûteuses.
  • Il fallait absolument attirer l’attention des parents sur cette épine cause probable du chagrin interminable.
  • « Il » attrapa quelques larmes qui avaient roulé jusqu’à lui et se posta sur l’orteil du petit les faisant briller de milles feux en jonglant avec comme si c’était des balles de caoutchouc. Le garçonnet essayait de les attraper et les parents, intrigués par son manège s’approchèrent. « Il » continua à jouer tout autour de l’épine jusqu’à ce qu’ils la voient et enfin comprennent la cause du tourment.
  • L’épine ôtée, une séance de gros câlins clôtura l’événement. « Il » était satisfait de cette situation retournée comme une crêpe mais pas repu de son intérêt envers les humains. Aventurier dans l’âme et heureux de s’être fait un nouveau copain qui riait maintenant aux éclats en le regardant, « Il » décida de faire un bout de chemin avec eux et lorsqu’on installa le petit dans son siège-auto, il se posta sur l’accoudoir pour le plus grand bonheur de l’enfant et le plus grand soulagement des parents de le voir aussi heureux.
  • « Il » vécut ainsi quelques temps auprès de cette famille, s’occupant de leur jardin, jusqu’à ce que le petit se désintéresse de lui et que le voile tombe sur ses perceptions de l’invisible. Il décida alors qu’il était temps de retrouver les siens, la forêt et le lac aux miracles. Il avait encore beaucoup à faire là-bas, d’autres aventures l’y attendaient et ainsi perdurerait le soupçon de magie présent en ces lieux.

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Gisèle Conte de septembre

Ce matin, elle est partie à la rencontre d’Epine de Cactus. Non ! Ce n’est pas le nom d’une plante toute piquante, c’est le nom de son ami, le hérisson, qui vit, là-bas, au bout de la forêt, sous un tas de feuilles sèches.

Maman ne veut pas que son Belinou s’en aille toute seule sur le chemin de la forêt mais Belinou est en colère et ne veut pas obéir à Maman. Elle a bu son bib, a fait un câlin à son doudou et pendant que Maman passait l’aspirateur dans la salle à manger, vite, vite, elle est montée sur une chaise pour tourner le verrou et s’est dépêchée d’ouvrir la porte.

Oh ! Elle a oublié Doudou ! Doudou n’aime pas rester tout seul. Il faut revenir le chercher.

  • Bonjour Mam’selle Minette !

Mam’selle Minette ne répond pas mais s’étire sur le seuil et baille largement en montrant une petite langue rose. La porte est restée ouverte au bon soleil.

Maintenant, Belinou tient Doudou par l’oreille et trottine sur le chemin. Il fait chaud : voici le cerisier de Madame Pivert. Peut-être restera-t-il quelques cerises à croquer ?

  • Bonjour Monsieur Merle !

Monsieur Merle s’égosille tout en haut du cerisier et se gorge du bon jus des cerises. Il ne répond pas à Belinou et ne lui lance pas des bonnes cerises. Le nez de Belinou se plisse et sa lèvre tremble un peu. Tant pis !

Comme c’est loin, la forêt ! Les jambes de Belinou se fatiguent et son dos est tout mouillé. Où est sa poussette ? Non ! Non ! Pas de poussette ! Belinou est une grande fille.

  • Bonjour Monsieur Epine de Cactus !

Belinou s’est assise à côté du tas de feuilles sèches et cherche des yeux son ami le hérisson. Elle ne le voit pas mais elle l’entend ! Elle rit ! Car Monsieur Epine de Cactus ronfle ! Il dort et ronfle très fort ; C’est amusant et Belinou brasse les feuilles à pleine mains. Où est Monsieur Epine de Cactus ?

Aïe ! Aïe ! Belinou contemple ses mains où perlent quelques gouttes rouges. Elle a mal, très mal. Monsieur Epine de Cactus pique. Sa lèvre tremble : elle va pleurer. Où est Maman ?

Monsieur Epine de Cactus s’est blotti tout en rond : on ne voit plus son petit nez et Belinou court, Doudou à la main. Où est Maman ?

  • Belinou ! Belinou !

C’est la voix de Maman ! Vite ! Se blottir dans ses bras avec Doudou. C’est bon de mettre son nez dans le cou de Maman, qui sent si bon et d’écouter son cœur qui bat. Maman souffle sur les mains de Belinou : c’est bientôt guéri !

Maman gronde Belinou qui a désobéi. A- t-elle mérité d’aller chez Mamie Josette, cet après-midi, en voiture dans le siège-auto de la Laguna ? Il faudra qu’elle soit sage !

Belinou promet : Mamie Josette fera peut-être des crêpes, si Belinou dit le mot magique !

Mam’selle Minette sommeille toujours sur le seuil de la porte.

  • Mam’selle Minette, tu veux, s’il te plaît, donner des croquettes à Monsieur Epine de Cactus qui les aime beaucoup ?

Mam’selle Minette ne répond pas mais cligne des yeux pour dire « oui »

Belinou et Maman iront demain matin, porter une pleine écuelle de croquettes de Minette à Monsieur Epine de Cactus.

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Hélène : CAILLOUX MAGIQUES

 Conte initiatique pour humains citadins de 0 à 99 ans

 Ce matin, il est parti à la rencontre de la forêt et de ses habitants. C’est la première fois qu’il s’aventure tout seul en dehors du jardin !

Dans son petit sac-coccinelle, il a emporté deux spéculoos et une crêpe au gruyère, son doudou à fleurs décoré et un câlin de maman, sa petite voiture de course en plastique rouge et une pince à linge bleu turquoise. Il n’a rien dit à maman, elle risque de s’inquiéter encore une fois. L’autre jour, il a joué toute l’après-midi dans les toilettes et ça s’est terminé par une petite crise. Il avait installé son siège-auto sur les toilettes, on aurait dit qu’il était pilote de rallye. Le rouleau de papier, c’était le volant, le petit balai-brosse les vitesses … en tirant la chasse d’eau, on entendait comme le bruit du moteur d’une Subaru… ça faisait tellement vrai ! C’était vraiment chouette !

Mais au bout d’un long moment, il a entendu maman qui criait :

– Lulu !!!! LULU !!!!

Sa voix ne semblait pas être celle de la colère, non, c’était une voix très inquiète !!! Il a freiné, a ouvert la portière de sa voiture et il est sorti. Il a vu maman, le téléphone à la main. Elle lui a dit :

– Mais qu’est-ce que tu fais là ? Je te cherche depuis des heures !

Elle a ajouté qu’elle avait appelé les pompiers pour qu’on le retrouve. Quand ils sont arrivés, ils ont dit de ne plus les déranger pour rien, qu’ils avaient du travail.

C’est pour ça qu’aujourd’hui il fera tout, tout seul, comme un grand. En ouvrant la barrière du jardin, il n’était quand même pas très rassuré mais il s’est dit que son copain Lino – qui n’a que six dodos de plus que lui – était déjà sorti seul très souvent, alors, pourquoi pas lui ?

La forêt, il la connaît un peu, papa et maman l’emmènent se promener quelquefois, sur le petit chemin qui descend par-ci… alors il décide de prendre l’autre chemin qui monte par-là. Au début, c’est facile, mais après il faut grimper …oh ! hisse ! c’est fatigant ! Lulu est tout essoufflé et se demande s’il a bien fait de partir dans cette direction pour sa première expédition !

Soudain, il découvre un arbre géant, au moins de la hauteur de papa. Et sur cet arbre, des petits fruits rouges couleur cerise.

– Hum ! se dit Lulu. Je marche depuis longtemps déjà, et si je veux garder des forces, il faut que je mange quelque chose.

Il faut vous dire que Lulu est très gourmand. En plus, maman dit toujours de manger au moins cinq fruits et légumes par jour, et il n’en a emporté aucun !

– Ça fera un bon dessert après la crêpe, se dit-il. Et les speculoos, je les garde pour le goûter.

Il commence à cueillir les petites baies, jusqu’à dix – parce qu’après il ne sait plus – s’installe sur une souche d’arbre et déguste tranquillement son déjeuner. Les rayons du soleil lui chatouillent le visage, un écureuil se faufile entre les branches de son arbre. Il est très content de lui. Alors il repart en chantant la chanson de la maman des poissons. Il se sent en pleine forme.

Un peu plus loin, il s’arrête devant un arbre joufflu juste à sa taille. Lui aussi porte des petits fruits mais ils sont violets comme la nuit.

– Hum ! se dit Lulu. Je crois que c’est l’heure du goûter … ces fruits vont très bien accompagner mes spéculoos !

Et Lulu déguste quelques baies violettes en croquant ses spéculoos. Les escargots aimeraient l’aider mais il les ignore. Les baies sont acides mais elles sont délicieuses avec les biscuits.

Le voilà reparti  … quand tout à coup, son ventre commence à gargouiller et à devenir très douloureux … il a l’impression d’avoir des épines de cactus dans les intestins !

– Je vais plus pouvoir marcher avec ce mal de ventre ! Ouille ouille ouille !

Lulu est désespéré. Que va t-il devenir tout seul dans cette forêt ? En plus, la nuit commence à tomber … il s’allonge sur un tapis de mousse, sort son doudou à fleurs décoré et finit par s’endormir, en pleurnichant.

Tout devient sombre … Les bêtes de la nuit commencent à sortir et découvrent ce petit d’homme assoupi : une biche et son faon, un hérisson grognon, un vieux crapaud engourdi de sommeil … elles s’approchent doucement, apeurées, reniflent Lulu, puis repartent vivre leurs aventures. Une autre petite créature apparaît. Elle est haute comme deux pommes et ressemble à un vieil homme minuscule. Elle porte un grand chapeau rouge pointu et une barbe blanche. C’est un gnome des bois. Il s’appelle Tykoun et il est en retard. Il est allé récolter le miel de ses abeilles et n’a pas vu l’heure passer !

– Ma femme va encore me gronder, se dit-t il. Elle n’aime pas que je rate le souper !

Il découvre Lulu qui dort profondément. Tykoun est très étonné de rencontrer un très jeune humain ici, en pleine nuit. Il sait que les hommes préfèrent dormir dans des grandes boîtes qu’ils appellent des maisons. Il observe Lulu qui gémit dans son sommeil.

– Ce petit a l’air de souffrir, se dit Tykoun. Voyons cela…

Tykoun a des pouvoirs étonnants : son père lui a appris à soigner tous les animaux par le toucher. Alors il masse doucement le ventre de Lulu, en prononçant des paroles magiques. Puis il sort de son petit sac des cailloux qui brillent dans la nuit.

– Je vais lui montrer le chemin jusqu’à chez lui, pense Tykoun.

Le gnome pose des petits cailloux par terre, jusqu’à la maison de Lulu. Un joli chemin scintille dans la nuit comme un ciel étoilé. Puis Tykoun sifflote doucement à l’oreille de Lulu, qui s’éveille lentement. Toutes ses peurs de la journée se sont évaporées …

Arrivé à la maison, papa et maman ont serré Lulu dans leurs bras, en l’embrassant longtemps, longtemps … ensuite, ils ont bu de la limonade au citron avec un carré de chocolat pour se réconforter. Avant se s’endormir, Papa a promis à Lulu qu’ils iraient explorer ensemble de nouveaux chemins.

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Mimie Conte de septembre

Ce matin, elle est partie à la rencontre du gros chien du voisin, qui s’appelle Vicky, le chien, pas le voisin, bien sûr !!! Elle sait qu’une fois son maître parti, Vicky s’ennuie et l’attend derrière la clôture en bois qui sépare les deux maisons. Mimie a peur des chiens, mais pas de lui, heureusement. Il faut dire qu’il fait des efforts pour ne pas l’effrayer : il aboie, mais pas trop fort, ni avec colère, juste ce qu’il faut pour qu’elle n’ait peur, juste pour lui dire :

  • Hé, Mimie, viens, je suis là tout seul, je m’ennuie, viens me faire un petit câlin….
  • J’arrive Vicky, lui répond-elle joyeusement, j’arrive, une seconde !!!

Et la voilà qui met ses sabots et se dirige au fond du terrain, à la limite des deux jardins, là où Vicky peut passer un bout de museau pour recevoir sa caresse.

Je te disais que Mimie a peur des chiens, c’est vrai, et je vais t’expliquer pourquoi :

Quand elle était toute petite et qu’elle apprenait à marcher, Mimie s’est approchée du portail d’une maison, et un chien-loup a surgi et a aboyé très fort, tellement fort qu’elle en est tombée sur les fesses de frayeur. Et depuis, elle n’y peut rien : elle a peur des chiens, qu’ils soient petits ou gros, c’est pareil, elle a peur.

Alors tu dois te demander pourquoi elle n’a pas peur de Vicky, bien sûr !!! Ecoute-moi, je vais te raconter ce qui s’est passé  :

Un jour Vicky a attrapé des puces, et ça le grattait, et ça le grattait !!! Ca le grattait tellement qu’il essayait de se frotter de partout, il se couchait sur la pelouse en se tortillant dans tous les sens, il cherchait un arbre pour se frotter le dos, mais il n’était pas dans une forêt, mais sur une pelouse, et il ne trouva pour se frotter qu’une espèce d’arbuste, un peu moche, sans fleurs, sans fruits, que son maître avait planté quelques jours auparavant.

Aïe aïe aïe, la catastrophe, Vicky s’était planté des épines de cactus sur le dos, car, tu as compris, il n’avait rien trouvé de mieux que de se gratter sur un cactus !!!! Quelle mauvaise idée !!!!

Mimie était justement en train de jardiner de l’autre côté de la clôture ce jour-là. Elle entendit ses affreux aboiements de douleur et comprit qu’il se passait quelque chose d’anormal.

Que fit-elle à ton avis ???

Hé bien elle se précipita là où elle pouvait voir Vicky, c’est-à-dire au bout du jardin. Elle vit alors le cactus à moitié déraciné dans le jardin du voisin et le pauvre chien qui essayait de s’arracher les épines qui s’étaient piquées dans sa fourrure. Elle n’écouta que son cœur : elle se précipita dans sa maison pour prendre une pince à épiler, prit un escabeau et escalada la clôture aussi vite qu’elle put. Et avec ses mains magiques de maman, elle ôta une à une les épines du dos de Vicky. Devant la douleur du pauvre chien, elle avait oublié sa peur !!!!

L’histoire ne s’arrête pas là !!! Ecoute la suite :

Pour réconforter le pauvre Vicky, elle décida de faire des crêpes et de lui en porter une sur laquelle elle avait étalé de la confiture de cerises. Quand elle escalada de nouveau l’escabeau, sa gourmandise à la main, quelle ne fut sa surprise de voir que Vicky avait fait comme un petit enfant, peut-être comme tu fais, toi, pour te remettre d’une grosse émotion : il s’était couché et s’était endormi. Mais un chien n’a pas de vrai lit comme toi, tu le sais bien, alors Vicky s’était couché dans ce qui ressemblait le plus à un lit : le siège-auto que son maître avait lavé la veille et qui séchait en plein soleil. Mimie fut émue de voir ce tableau attendrissant, car un chien énorme qui dort dans un siège-auto, dont le corps déborde de partout tellement il est gros, ce n’est tout de même pas fréquent. Elle sourit et pour finir de le consoler, elle alla lui chercher le vieux doudou de sa fille qui est grande maintenant et n’a plus besoin de doudou pour s’endormir.

Et voilà, tu comprends maintenant pourquoi Mimie n’a plus peur de Vicky et pourquoi ils ont des petits rendez-vous au fond de leurs jardins, au bout de la clôture.

Mais dis donc, il est tard, non ? Tu ne crois pas qu’il faudrait que tu fasses comme Vicky et que tu ailles au lit ? Allez, prends ton doudou toi aussi, et hop !!!