Voeux à un brin d’herbe (janvier 2016)

Sujet :

Que souhaiteriez-vous, en cette période traditionnelle de vœux, à ce petit brin d’herbe qui pousse courageusement à travers le bitume ?

Vous avez le choix de la forme, mais pourquoi ne pas essayer de faire un texte poétique ????

************************************************************************

Jean :

C’est un petit brin d’herbe que j’avais rencontré
Il était bien palot au milieu de la chaussée.
J’ai failli l’écraser avec mes grosses godasses
Et là c’était foutu, sûr qu’il passait à l’as.
Mais par grande charité sur lui j’me suis penché
Vers cet écervelé qui croyait qu’on pouvait
Percer le macadam sans risquer hou là là !
C’était déjà miracle qu’il était encore là.
Comme c’était Noêl je lui ai demandé
Pour son bonheur à lui ce qu’il aurait voulu
Que nous les hommes pressés, on fasse pour l’aider,
Avec un grand sourire ce qu’il m’a répondu
Je vous le donne en mille j’suis près de l’oublier :
J’aimerais que vous veniez lorsque j’aurais grandi
Vous coucher sur mon herbe et ce sera gratis,
Avec tous vos enfants, vos chiens et vos amis
Pour un pique-nique géant et vous me direz : Merci !

****************************************************

Mimie :

Mais que vis-je à mes pieds, ce matin de janvier ?
Un brin d’herbe rebelle, fier entre deux poubelles
Et de penser à lui tout le jour m’a réjouie :
Je le vis me sourire, assis sur la pointeuse :
Puis il se fit délire, épousant la trotteuse.
Lorqu’enfin je m’assis et ouvris mon ordi,
Il était page d’accueil, me glissait un clin d’œil.

Rêve ou réalité, mais que m’arrivait-il ?
Une atmosphère ouatée m’alanguit le pistil !!
Ma main prit la souris, puis apparut ce cri :

Allez, petit, vas-y, ta vie est hérésie
En l’année 2016, grandis et prends tes aises !!
Fuis la rue qui t’enfume, défonc’moi ce bitume !!
Entends : la vie t’appelle, ouvre et déploie tes ailes.

Envahis ta banlieue, elle est un nid de haine.
Prospère et sois heureux, porte un fruit, puis des graines.
Séme dans ta cité une envie d’exister
Je te veux arbre et puis clairière et puis forêt
Je te veux libre, et puis prospère et puis après

Quand tu seras bien vieux, tombé sous un orage,
Rappelle-toi ce lieu, ce trottoir où la rage
Te maintenait debout, raconte ton histoire
A ceux qui/ont peur de tout : en son rêve il faut croire

————————————————————————————————

Andrée

Brindille

Brin de végétation
Brin de vie,
Brin de tout
Brin de rien

Souvent très laid
Souvent ratatiné
Souvent sans couleur
Souvent sans odeur

Qui es-tu ?
D’où viens-tu ?
Tu passes inaperçu ?

Les chiens des rues t’arrosent
Les piétons te piétinent

Les jardiniers te traquent

Et pourtant tu traverses tout
Tu traverses les saisons
Tu traverses les continents
Tu es de la race des indestructibles

Alors,

Reste ce que tu es
Fort et discret

((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((((

Gisèle

Par ce sombre jour d’hiver, me prit l’envie d’une promenade ; la température était froide et le vent frisquet.
Sur le seuil, je me penchai. Une mince langue verte pointait dans une fente du bitume : elle dressait avec peine sa forme lancéolée que terminait un bourgeon minuscule.

« Petit brin d’herbe qui te trompes de saison,
N’as-tu point, en ces temps froids, perdu la raison ?
Puisque tu t’obstines, contre vents et marées,
A pointer ton bourgeon qui fait la nique au froid,
Je te présente mes vœux de prospérité,
De longue vie également, malgré nos lois.
Ignores-tu que ta vile espèce est bannie
De notre ville et ses quartiers, empuantis
Et pollués par le « Round Up », ton ennemi ?
Comme tu me peines, petit être falot !
Si tu lui réchappes, que dire des autos
Téméraires qui t’écraseront sans pitié ?
Ne parlons point des petits caniches errants,
Qui lèveront la patte sur toi, devenu grand !
Va, disparais, devrions-nous te supplier…
Tu n’es point à ta place dans notre monde
De métal et de bruit, parcouru par les ondes
Maléfiques du « Wifi » et de « l’i phone » !
Qui sait ? Peut-être renaitras-tu au monde,
A une époque futuriste où personne
Ne polluera Gaïa, notre terre chérie,
Que trop nous maltraitons, alors qu’elle est bénie !

 » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » »’

Hélène

Ton nom c’est Aya, Doaa, Penda ou Rahma…
Née loin d’ici
Graine d’Asie ou d’Afrique

Tu pousses et tu grandis
Entre les murs de la ville
Ta terre c’est les pavés
De l’école de mon quartier

Tes yeux-pétales
Tes joues-pêches
Tes cheveux feuillus
Etincelles de vie

Tu as 4 ans aujourd’hui

Quatre ans en 2016…
Dix- huit en 2030
Seras-tu française
En cette époque lointaine
Ou juste une immigrante ?

Pissenlit, coquelicot ou plantain
Mauvaise herbe pour certains
Jolie plante pour tes copains

Mais où sont tes racines ?

Et que puis-je te souhaiter pour la nouvelle année ?

Joue et amuse-toi jusqu’à satiété
(Dis à ta mère que t’as plus le temps de garder ton petit frère)

Porte des vêtements de princesse
Demande au Père Noël un blouson violet
Ou cette veste pailletée vue au supermarché…
(Et jette ce vieux manteau qui ne veut plus se fermer)

Déguste tes déjeuners et tes goûters préférés
Tous les jours de l’année
(Ne me dis plus jamais « Maîtresse ce matin à la maison j’ai rien mangé »)

Profite de chaque journée pour rêver, surtout à la récré…
(Viens à l’école sans t’inquiéter de ce qui pourrait se passer
« Papa qui s’est fait arrêter, il va être expulsé »)

Continue de trouver dans les livres et les cahiers
Un terreau nourricier
(Que tes copines ne se moquent plus de ton français bafouillé et coloré)

Et puis pour toutes les années d’après

Ne rencontre jamais un de ces bovidés éçervelés
Ou un bélier affamé
Qui risquerait de t’avaler
Comme un pauvre brin d’herbe dans un pré
Tu sais, un animal du FR (Front Ruminant), une bête cornée
Qui te détesterait…

Réalise les plus belles rencontres
D’amour et d’amitié
En Chine ou ailleurs
Que les trois mots tant répétés
Qui riment avec T
Tu les sentes vibrer dans ton coeur

Construis-toi un avenir de belle plante
Ecuyère ou boulangère
Poétesse ou comtesse
Footballeuse audacieuse
Maîtresse tendresse
Deviens ce que tu veux
Petite plante herbacée
Mais deviens quelqu’un de bien :
Un beau brin d’être humain

ççççççççççççççççççççççççççççççççççççççççççççççççççççççççççççççççççç

Martine

Joli brin

Voici donc la nouvelle année,
Que fais-tu ici joli brin?
Je t’ai trouvé seul sur mon chemin
Brave et nonchalant sous mes pieds.

Je me suis arrêté
Je t’ai regardé

Tu semblais si frêle sous le vent
Courbant l’échine avec humilité
Passants passant sans te remarquer
Tous courant après le temps.

Je me suis penché
je t’ai caressé

Tu ne ressembles à rien petit ami
Pourtant vers toi mon coeur est allé
Laissant le monde à ses cruautés
Près de toi je me suis assis

Je t’ai aimé
Je t’ai protégé

Alors le ciel m’a paru plus beau
Et le chant des oiseaux plus gai
J’ai repris ma route sans fardeau
Le coeur plus léger que jamais.

———————————————

Corinne :

Vaillant petit brin de chlorophylle

Perdu au milieu de tout ce béton

Si petit, si fragile

S’il te plaît croîs et tiens bon

Au milieu de tous ces pas indifférents

Tu donnes l’espoir de vie

Ta pugnacité me rend humble

Qui aurait cru que la Vie

Farceuse et imprévisible

Allait semer ici

Un peu de respiration

Qui se soucie de ça

Un p’tit brin efflanqué, une graine fertile

Personne ne fait attention à toi

Tu peux grandir tranquille

Mais où trouves–tu la ressource?

Je suis toujours très étonnée

De voir la pugnacité avec laquelle vous vous ensemencez

Le moindre trou, la moindre faille

Est propice à la naissance

Il suffit que dame nature

Éparpille sa progéniture, souffle un peu de vent, crache un peu d’eau

Point trop non plus ! Une brise, une rosée suffisent

Et voilà le miracle se produit

Quelle surprise tu nous réserves ?

Herbe folle ou fleur délicate

Je ne saurais dire

Patience

Soleil t’envelopperas, printemps nous diras

Une seule chose t’importe

Ici et maintenant, pas hier ni demain

Pousser, croître, grandir, t’épanouir

Quelle leçon tu m’inspires!

Quelle force

Quelles possibilités tu fais espérer…

Petit, ta grandeur touche mon âme

Je m’incline devant toi pour…

Ta volonté d’être

Une réflexion au sujet de « Voeux à un brin d’herbe (janvier 2016) »

  1. BOTTEGA VENETAバッグコピー

    Great post. I used to be checking constantly this blog and I’m inspired! Very useful information particularly the last part 🙂 I handle such info much. I used to be seeking this certain information for a long time. Thanks and good luck.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.