Nu(e) dans la foule (mai 2015)

Sujet :

C’est un rêve que chacun je pense a fait au moins une fois dans sa vie : vous êtes quelque part, dans un lieu où il y a du monde et soudain vous vous apercevez que vous êtes nu(e) alors que les personnes autour de vous sont bien sûr habillées ; racontez-nous ça, mais, puisque certains semblent avoir des envies de poésie, je vous donne une petite contrainte : que vous écriviez en alexandrins !!!
Oui, je ne suis pas sourde, j’en entends déjà qui râlent ou qui disent qu’ils ne vont pas y arriver : STOP !!!!, si vous voulez vous mettre en jambes (ou en pieds, hi hi !!!), relisez un texte en alexandrins et imprégnez-vous de cette douce musique au rythme joliment cadencé. D’ailleurs vous constaterez que dès qu’on commence à écrire en alexandrins, on a peu à peu ce rythme dans la peau, ou plutôt dans l’oreille ( !!!) et cela devient de plus en plus facile, cela coule tout seul comme la pluie ce matin !!! Allez, courage !!!!

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Jean :   Nudité renversée

Ce matin-là, à l’heure où blanchit la campagne
J’allais par la forêt, j’allais par la montagne.
Et je marchais les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Rêvant de mille choses, profondes comme un puit.
Esseulé sur la plage, je me laissais tomber,
Et Morphée m’emporta bien loin dans son verger.
Quand je me réveillai, le soleil fort brulait
Mes yeux qui s’emplissaient de vapeurs mordorées.
Soudain, je crus rêver, une affreuse nudité
Traversa en geignant mon repaire de galets.
Suivie bientôt d’horreurs encore moins habillées
Qui, sans même un regard, sans cesse babillaient.
Mais où allaient-ils tous, ces vilains dénudés ?
Que faisaient donc ces gens affectant m’ignorer,
Arborant leurs bijoux de famille dévastés,
Par l’usure du temps et l’abus du sucré.
O temps suspend ton vol, et vous les Manneken-Pis
Pleurez sur vos semblables dignes de nos hospices.
Certains, encore valides, pouvaient encore servir
Des besoins lancinants mais pas trop regardants.
Tous ces culs bien fendus, ces niches de désir,
Prenaient l’air comme on prend un bol d’air au printemps.
J’assistais médusé à ce grand défilé
De mamelles tombantes, de zizis effrontés,
De repaires poilus, de bedons mal en point.
Quelques-uns toutefois me regardaient en coin,
L’air choqué de me voir contempler sans moufter
Leurs appâts délabrés et leurs derrières rosés.
L’un d’eux, grand échalas bâti comme l’as de pique,
Tendit son bras pelé vers un panneau antique,
Que je n’avais pas vu avant de m’effondrer.
J’ajustais mes lorgnons pour mieux le déchiffrer :
Réservé aux nudistes du club agréé
Des « joyeux amoureux de la peau libérée ».
Mon sang ne fit qu’un tour. C’était moi le voyeur
J’étais nu comme un ver sous mon beau débardeur.
Que fallait-il donc faire ? Partir, ou enlever
Ce que devant personne sauf ma mère j’ai ôté.
Je résolus de faire comme si j’étais blasé.
Je partis tête en l’air, admirant les nuages,
Faux témoins débonnaires, rondouillards et bien sages,
Qui regardaient la scène, l’air narquois, amusé.
Moralité :
Etre nu habillé, ça vous est arrivé ?

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Mimie :

Au secours, que s’passe-t-il, que fais-je ici tout’nue ?
On va m’voir le pistil, moi qui suis ingénue !!
Oh mon Dieu comment fair’, ô rage, ô désespoir
Ils m’ignoraient hier, aujourd’hui ils se marrent,
Tous ces gens bien pensants qui me montrent du doigt !!
Mais qui est indécent : eux qui m’voient aux abois
Et ne m’aident en rien, ou moi qui mets mes mains
Sur ma gorge et mes reins telle un’Vénus au bain ?

Au comble de l’émoi, je décide d’agir,
Je cherche autour de moi car je veux me vêtir
J’avise un étalag’ de fruits et de légumes
J’attrape des feuillag’ et m’en fais un costume
Cela va déjà mieux, je ne veux plus mourir
Juste quitter les lieux, tourner le dos aux rires.
J’essaie de rester digne, et cherche une sortie,
Veux faire la maligne, saluer la compagnie :

En me penchant bien bas, mon habit de feuill’s vertes
Se déchire et voilà ma lune découverte !!
Portant mes mains aux fesses, pour réparer l’outrage,
J’oublie dans ma détresse et tombe le feuillage,
Qui protégeait mes seins. Je deviens enragée
Face à tous ces rieurs qui veulent m’assièger.
Je me sens ridicule, me sauv’ comme un couard
Et me réveille le cul en bas de mon plumard !!!!!

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Andrée

Ce jour- là, réunion nationale
Elle se tenait bien sur à la capitale
L’ordre du jour était évidement sérieux,
Grand thème d’actualité évoqué au mieux
Puis commissions pour en discuter, l’améliorer
Enfin !…., une journée classique pour pérorer

Le matin, les unes après les autres elles arrivent
A travers elles, les régions de la France ,vivent
Bordeaux, Saint Etienne, Paris, Clermont Ferrand
L’une plus élégante porte un grand manteau blanc
C’est l’hiver, certaines sont arrivées la veille
Petit café, on s’installe, on sommeille

La réunion commence, très didactique
Des mots, des phrases, tactique, tac tic
Le temps passe, je me lasse ,je me rase
Flemmasse, je pars dans mes pensées, rêvasse

Je me prends à les imaginer ,toutes, nues
Je fais le tour de l’assemblée, sans être vue,
Rêve, cauchemar, tout à coup , je me secoue
Qu’ont-elles donc toutes autour du cou

telle est prise qui croyait prendre
Kodak mitraille, c’est à n’y rien comprendre
Il est temps de, me secouer ,me réveiller
de Retrouver la réalité, de travailler

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Franck

Ténu vers nu

Debout sur mes sept pieds, nu
Parmi des alexandrins bien entretenus
Vers farfelu, menu, aux idées saugrenues
De ces vêtus vermoulus point de bienvenue
Vu comme un parvenu des vers convenus
Verrues suspendues dépourvues de contenu
Des malentendus aux nouveautés survenues
Les pieds de guerre intervenus sans retenue
Pauvre hère nu moulu par cette déconvenue !
Dévolus à l’ordre révolu revenu
Vêtus de leurs vertus les vers tuent le vers nu.

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Gisèle

C’était Mai 68 et la grève durait…..
Ah ! La belle époque ! Nous étions tous mineurs,
Animés par l’espoir et le cœur en chamade,
Nous parcourions la ville et lancions des œillades
Aux passants complices et volontiers moqueurs.

Moqueurs ? Oh ? Que nenni ! Des regards appuyés
Avec insistance, semblaient me détailler.
Prise d’un affreux doute, j’abaissai mon regard.
Stupeur et tremblement ! J’étais en tenue hard !

Ventre replet, sexe et seins rebondis à l’air,
J’en passe et des meilleures…Que répondre ? Que faire ?
Derrière mes deux mains, je me cachai les yeux.
Oserai-je affronter la foule et son délire ?

Oui ! Je l’affirme. J’allais faire des envieux.
Je brandis haut les bras, je me forçai à rire,
E t relevant les yeux pour contempler les nues,
Je bombai la poitrine. «Regardez-moi, passants,
Voici ma vérité, qui du puits sort très nue,
Voici ma liberté qui vous épate autant ! »

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Lucie

Me voici nue comme un ver, ver de terre,
Piquée par les oiseaux, ni plumes ni fourreaux,
Mais c’est n’importe quoi, il n’y a point de sens.
Me voici nue sur terre, mais comment faire
pour sortir la tête de l’eau , ce jeu rigolo,
Me voilà coincée dans mes idées, point de sens
aucune importance,suffit de laisser faire,
mon réveil va sonner, je serai rhabillée.

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Anne-Marie

Au fond des bois, entre les fougères et les joncs

Entre les plaques rocheuses et les chardons

Il y a de merveilleux bouquets de fleurs rousses’

Et  nous faisons un brin de sieste sur la mousse’

Près d’un étang qui donne envie de bains de boue

Il y a un très grand nombre d’enfants qui jouent

Un soin dont ils ne se privent pas, c’est si doux

 

Heureusement, il y a aussi un banc de sable’

Sable très fin, à l’ombre d’un grand érable’

Ils peuvent jouer aussi à s’y enterrer

Sauf la tête bien sûr, pour qu’elle puisse respirer

Et moi qui n’ai même pas de maillot de bain

Je me demande comment bien me prendre en main

Comment gérer mon avant et mon arrière train

 

Alors comme si e n’étais que l’ombre de moi-même’

Je vais et je viens au milieu de ceux que j’aime’

L’air est chaud. D’habitude, c’est ce qu’il me faut

Il y a une brise légère et c’est beau

Mais moi, je me sens dépareillée, mal à l’aise’

J’aimerais disparaitre et filer à l’anglaise’

Mais il faut faire face, ne vous en déplaise’

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Corinne :

Quels sont donc ces regards étranges

Ma présence je dirais dérange

Qu’ai-je donc de si particulier

Pour que tous me dédaignent horrifiés

Qu’ai-je fait pour mériter cela

Un crime sur ma figure se voit ?

Ils me fuient tous comme la peste

Pour sûr probablement j’empeste

Ma mémoire serait-elle défaillante ?

Je sens mon pouls battre à cent-quarante

Et sous mes pieds le sol froid et dur

Evidemment ! je suis sortie sans chaussures

Et si ce n’était que ça, le reste manque aussi

On dirait que j’ai oublié de mettre des habits

Enfin le fin mot de cette histoire

Nue je suis dans ce cauchemar !

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Johanna :

T’as tu entendu du bon des bains de neige ? Est ce vraiment hilarant comme les manèges ?

Le carnaval de Québec, une festivité ! Vas y les doigts dans le nez, tu prendras ton pied !

 

Aussitôt convaincue, je partis seule et nue !

J’ai commencé par le sauna sans être déçue !

J’ai gouté au bain glacé sans hésitation !

Mes seins devenaient marbre, mes pieds de gros glaçons !

 

Il y avait du monde à messe mais personne saoule

Les uns chantaient, les autres riaient, ambiance cool !

Je revivais l’insouciance de l’enfance !

Jouer au loup glacé, à l’épervier … une trans ?

Un grain de folie, de la provoc selon vous ?

Hibou, caillou, pou, chou, genou, seriez vous jaloux ?

Vous n’êtes pas chez les nudistes, rhabillez vous !

Pour une paire de fesses oui y’avait du monde à messe !

Les uns se moquaient les autres me donnaient une pièce !

Telle une scupture de glace ou femme de foire pas nette !

Mon aventure faisait le buzz sur internet !!!!

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