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Dialogue sur image : 2 écureuils (février 2016)

Sujet :

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Pour ce nouveau sujet, nous restons dans la nature et je vous propose d’imaginer un dialogue entre ces 2 écureuils.
Pour reprendre une consigne qui semble vous plaire et vous donne un petit coup de folie, je vous invite à insérer dans votre dialogue les mots suivants :

– tire-bouchon
– pointeuse
– régime
– ordinateur
– assurance-vie
– code-secret
– diesel
– artiste
– ketchup
– gluten
– signe du zodiaque
– patins à roulettes

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Martine :

_ Ma mie jolie, Porcinet m’a dit que les hommes fêtaient aujourd’hui la Saint Valentin . Comme tu le sais ….

_ Heu, non, je ne sais pas !

_ C’est la fête des amoureux. Alors, je me suis dit que …. Un petit bouquet ….

_ Oh, mon chouchou, c’est tellement gentil de ta part.

_ Je ne suis pas très doué pour les discours mais j’aimerais te dire que tu me plais comme au premier jour, que je ne voudrais nulle autre que Toi dans ma vie. Evidemment tu as parfois le don de m’agacer comme lorsque tu bloques l’ordinateur parce que tu as oublié le code secret, ou bien lorsque tu te trompes de carburant pour la voiture : du diesel à la place de mettre du sans plomb( le moteur n’y a pas résisté mais comme ça on en a profité pour changer de modèle), ou bien encore lorsque tu ranges les patins à roulettes des petits dans l’escalier et que je termine à l’ hôpital avec une jambe cassée !( Remarque j’ ai pu ainsi me faire servir, peut-être même trop, j’ai un peu honte …). Entre nous c’est d’ailleurs depuis ce jour que j’ai souscrit une assurance vie .Un malheur est si vite arrivé ! Tu oublies aussi parfois que je suis au régime sans gluten, que je suis allergique au ketchup .Ton hamburger était délicieux, dommage que je me sois retrouvé aux urgences le soir même, tout gonflé, ne pouvant plus respirer.( Ces quelques jours de repos m’ont permis de mettre à jour ma paperasse) .Tu as parfois aussi des idées farfelues comme décoincer la pointeuse de l’entreprise avec le tire-bouchon du cuisinier, ce qui nous a valu un retrait sur salaire. Ma foi à chaque chose malheur est bon puisque nous avons passé notre semaine de vacances chez ta mère plutôt qu’aux sports d’hiver …Mais je t’aime ainsi, ton côté artiste, insouciante, imprévisible. Avec Toi la vie n’est jamais ennuyeuse. D’ailleurs je l’ai lu ce matin dans le journal : ton signe du zodiaque est complémentaire au mien : tu es faite pour moi .Alors ma douce amie, ne change jamais et accepte ce modeste bouquet en gage de mon Amour.

_……

_ Tu ne dis rien ? Tu…Tu….

_ Je suis émue aux larmes par cette déclaration. Toi non plus ne change jamais.       Merci de tout cœur…. Et promis, je ne mettrai pas de l’eau de Javel dans le vase !

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Mimie :

– ♀ Bonjour Frérot !!

– ♂ Bonjour Soeurette !!

– ♀ Tu es bien matinal, je me suis réveillée tout à l’heure et je ne t’ai pas trouvé dans le nid. J’étais inquiète, je suis venue voir ce qui se passait

– ♂ Rien de grave !!

– ♀ Ah bon, tu me rassures. Mais tu as une magnifique fleur bleue à la main !!!

– ♂ Oui, je l’avais découverte hier après-midi en me promenant, elle avait chaud sous le soleil et peinait à tenir ses pétales joliment dressés, elle était si belle, si grâcieuse ; je suis allée la cueillir ce matin à la rosée pour pouvoir l’offrir toute revigorée de la fraîcheur de la nuit. J’ai regardé sur l’ordinateur hier soir, et tu sais, j’ai découvert que c’était un bleuet ; ce nom lui vient de la couleur de ses pétales

– ♀ Oh, comme tu es savant et comme tu parles joliment, tu es un véritable artiste, frérot

– ♂ Tu crois vraiment ?

– ♀ Oh oui alors et cela me chiffonne d’ailleurs que tu perdes ton temps à aller tous les jours chercher des glands et de quoi manger cet hiver pour la collectivité ; tu sais cette coopérative alimentaire qu’on a créée pour les vieux écureuils, c’était bien au départ, mais depuis que la famille Diesel s’est installée dans le gros chêne de la clairière et qu’elle en fait partie, elle en a changé tout l’esprit ; en plus elle a installé une pointeuse, moi je trouve qu’on se croirait à l’usine. Mais au fait je parle je parle et je t’empêche d’aller offrir ce magnifique bleuet à Maman !!

– ♂ Eh bien euh …

– ♀ Euh quoi ???

– ♂ Euh, en fait, comment te dire, ce n’est pas pour maman

– ♀ Ah je m’étonnais aussi, c’est vrai que les seules fleurs qu’aime maman, ce sont les coquelicots avec leur magnifique robe couleur ketchup !! Mais alors ton bleuet, c’est pour qui ???

– ♂ Ecoute, soeurette, je vais te confier un secret, mais promets-moi de le garder

– ♀ Croix de noix, croix de gland, si je mens, je vais en enfer !!! Si tu as peur qu’on nous entende, on peut inventer un code secret pour se parler

– ♂ Non, non, je vais parler doucement. Voilà : hier soir quand j’ai cherché le nom de ma fleur, je me suis un peu balladé sur internet et je suis allé voir l’horoscope, j’ai regardé ce qui était prédit pour mon signe du zodiaque et il était écrit que j’allais bientôt rencontrer une jeune écureuille à la queue en tire-bouchon

– ♀ Oh là là, mais je connais toutes les filles d’ici, il n’y en a aucune comme ça

– ♂ Oui, je sais bien, mais comme c’est écrit, cela va arriver, j’en suis sûr

– ♀ Si tu crois tout ce qui est écrit sur internet, tu vas bientôt nous inventer que tu fais de l’allergie et qu’il te faut des graines de pin sans gluten

– ♂ Oh, toi aussi tu crois bien tout ce que tu lis quand tu te mets au régime avant l’été et que tu fais du patin à roulettes en pleine chaleur pour perdre 2 mm de tour de taille, comme si tu étais grosse comme un blaireau

– ♀ Moque-toi, frérot, moque-toi, mais souviens-toi, c’est bien toi qui as eu une surprime d’assurance-vie pour ton prêt quand nous avons voulu construire dans notre cher pin des Landes, tout ça parce que tu avais abusé des noisettes enrobées de sucre à la fête foraine de l’an dernier !!! Mais j’y pense, tu te rappelles qu’on y avait rencontré une cousine de la forêt de Brocéliande qui avait une queue rousse en tire-bouchon

– ♂ Mon Dieu, ça doit être elle, ma rencontre de l’horoscope, et c’est demain la fête foraine, elle va venir !!! Mon Dieu, donne-moi vite un vase pour que je fasse patienter mon cher bleuet jusqu’à demain !!

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Johanna :

 Tiens mon ange, c’est un bouquet de chardons-marie, fleurs réputées pour panser tous les maux y compris ceux du coeur.

  • Annonce mon horoscope, quelles sont alors les nouvelles de mon signe du zodiaque pour ce mois ci ?
  • Ecoute bien : Celibataire, pour vous, la période commencera en fanfare sous l’oeil complice de Vénus. Vos affaires de coeur seront florissantes, vous risquez aussi d’etre victime de l’utopie ! Conseil : envahi par vos émotions, sachez faire des priorités et anticipez.
  • Oui mon coeur palpite d’enthousiasme ! Apprendre que j’ai été retenu pour participer au spectacle du cirque du soleil, tu te rends compte de cette chance ! Une vie d’artiste dont je rêvais depuis tant d’années !
  • Mon poussin, que tu es beau avec ces étoiles dans les yeux ! Garde précieusement cette plante avec toi, elle t’aidera à ne pas être submergé par ton excitation. La passion ne doit pas t’aveugler sur le reste ! Commençons par ce voyage, atteindre la ville ne va pas être simple …
  • Martre et Renard ne seront pas sur mon passage car je passe par la nationale !
  • Trop de circulation ! Tu va t’empoisonner en respirant du diesel !
  • Le père de Mademoiselle Lili a un camion. J’arriverai bien à me faufiler au milieu de tous ces ordinateurs et ces pointeuses qu’il doit livrer.
  • Et si son père se rend compte de ta présence ?
  • Impossible, Lili m’accompagne. Elle veut distraire son père : je l’entends d’ici lui parler du régime sans gluten, de l’assurance vie que son père a voulu prendre s’il venait à disparaître … de le faire cogiter sur des devinettes ou énigmes du style : « quel est l’intrus entre un tire bouchon, un tiret, un tire fesse et une tirelire ?  » ou bien « Vous devez accèder à un bus, à l’aide d’un code secret. Une première personne tente sa chance avant vous. Le conducteur lui dit 3, elle rétorque 5 et entre dans le bus. Une autre personne se présente devant le conducteur. Ce dernier dit 6, elle luirépond 3 et accède au bus. Vous décidez à votre tour de monter dans ce bus. Le conducteur vous dit 2. Que devez-vous répondre?  » elle est plein de malices cette Lili !
  • Et leur chien, ce berger allemand qui suit Mr de partout, il ne fera qu’une bouchée de toi ?
  • On peut dire qu’il est malade comme un chien celui là ! Lili lui a fait manger du ketchup ce midi, il a l’estomac en vrac.
  • Cette petite fille est très attachée à toi, elle te considère comme son animal de compagnie, elle aime se confier à toi. Je crains qu’elle ne veuille te laisser partir dans la foule parisienne !
  • Lili est une amie, j’ai retenu que les vrais amis sont comme des étoiles, on ne les voit pas tout le temps mais ils sont toujours là. Regarde, c’est elle en patins à roulettes ! Je dois filer !

Un clin d’oeil à sa mère et le voilà parti …

  • Reviens vite mon fiston avec des étoiles dans les yeux pour la rose que tu vas rencontrer car ces fleurs t’aideront aussi à trouver les mots du coeur lui dit elle tout bas …

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Jean :

La vie…

…alors, il s’approcha d’elle. Elle le regardait sans le voir. Elle était ailleurs et brûlait d’une absence  insupportable. Il avait envie de la prendre dans ses bras pour la consoler, mais il sentait qu’elle ne s’en rendrait même pas compte. Sa douleur était charnelle, la consumait entièrement et pas un seul morceau d’elle ne pouvait y échapper. Le feu gagnait sans cesse, léchait chaque partie de son être, l’enveloppant parfois d’un voile transparent à travers lequel un immense cri muet vous transperçait comme une lame enfoncée centimètre par centimètre dans un mouvement inexorable.

Par instants un sourire apparaissait sur ses lèvres entrouvertes  comme celui d’une piétà religieuse qui cherche un peu d’air dans son étouffement. Comment pouvait donc s’enflammer ainsi un être tout entier, par la seule séparation d’avec un autre être avec lequel il ne faisait qu’un. Comment cette fusion s’était –elle opérée ? Il avait suffi d’une étincelle dans le regard de l’autre et  l’étoupe préparée de longue date s’était allumée instantanément pour ne plus s’éteindre avant que tout soit brûlé.

Pourtant la torche vivante ne semblait pas près de s’éteindre. Elle demeurait là, déroulant ses volutes et ses retours de flamme sans cesse renouvelés. On en voyait distinctement le reflet dans ses grands yeux ouverts qui regardait à l’intérieur ce qui n’y était plus. Ainsi elle entretenait le foyer ardent de la passion qui la dévorait.

Tout semblait silencieux et les autres passaient à côté d’elle sans la remarquer. Elle leur était transparente ou bien leur sixième sens leurs disait de ne pas approcher, par prudence ou par respect. Lui ne voulait pas de ce respect et n’éprouvait aucune crainte. Il restait là devant ce buisson ardent qui lui glaçait les membres et le corps mais se communiquait à son cœur et à ses sens. Combien de temps ? Il ne saurait le dire, le temps n’a pas de durée dans ce moment-là. Il devait être là et c’était tout ce qu’il fallait savoir.

Cependant quelque chose se produisait en lui. Après la surprise puis la stupeur, était apparue la résignation, l’acceptation. En fait elle vivait, bien plus fort que lui-même. Le feu ne faisait pas que la consumer, il la transformait, la nourrissait, la rendait flamboyante, frémissante et diablement attirante. S’il s’approchait encore un peu, une flammèche pourrait bien se détacher et venir l’enflammer à son tour. Il était déjà trop tard pour reculer. Il n’aspirait plus qu’à cela, à connaitre à son tour cette brulure que son corps attendait depuis si longtemps.

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Gisèle :

– Chip !Chip ! Coucou, c’est moi, mon cœur.

– Eh bien, c’est à cette heure-ci que tu rentres ! La pointeuse était en panne, je présume !

-Mais Chérie…

– Et qu’est-ce que c’est que ces fleurs ? Non mais, quel artiste tu fais ! Si tu crois que je vais les manger ! Avec ma constipation, il me faudrait bien un tire-bouchon ensuite ! Et tu sais bien que je fais un régime !

-Mais ma chérie, c’est le 14 février…

– Ah oui ! Je te vois venir ! Tu comptes faire « crac-crac », avec moi, ce soir, pour la peine ? Eh bien mon p’tit, c’est râpé : t’as qu’à faire «  crac-crac » avec tes noisettes ! Le code- secret a changé !

-Allez…Pour une fois…

-Tu m’as déjà fait cinq moutards alors que je n’ai que quatre seins pour les nourrir ! Tiens, prends Junior Cinq et mâchouille lui quelques glands pour le faire patienter. J’espère que tu en as rapporté dans tes bajoues.

-C’est-à-dire que j’ai peur…

– Peur de quoi ? Qu’il y ait du gluten dans la farine de glands ? Non mais, je rêve ! Ah ! Mais j’y suis !

-J’ai rencontré…

– ça y est …La Tamia du sixième étage ? Avec sa queue rayée de rouge qu’on dirait du Ketchup   ? Ah ouiche ! Elle en a de la veine, celle-là ! Un appart au soleil alors que je moisis dans un souplex où mossieur creuse ses galeries à son rythme et pas en patins à roulettes, bien sûr !

-Mais non, je voulais te dire …

– Dis- moi, simplement, si cette nuit, tu verras dans les signes du Zodiaque, si c’est écrit « La Bécasse » sur mon front !

-Bon, tu me laisses répondre ou bien il faut passer par un courriel sur ordinateur ?

– C’est ça ! Parle mon biquet ! J’t’écoute…

-Chip ! Chip ! Je suis comme ces vieux diésels qui ont du mal à se mettre en route : je peine à trouver mes mots, mais ce que j’ai à te dire est très, très, important !!

-Tu me fais peur…

-Notre assurance-vie  est arrivée à échéance, je pense. Notre amie Tamia a aperçu au bout du pré Madame Belette et tu sais que Monsieur Renard a creusé son  terrier derrière le gros chêne. C’est inquiétant.

– Miséricorde ! Et c’est maintenant que tu m’ le dis ! Vite ! Vite ! Dépêche-toi ! Mets-toi à recherche d’un nouveau logis : un peu plus aéré cette fois, tout de même ! Quant à moi, Je dois enlever les tiques de Junior, encore,  et mettre en tas les noisettes et les scarabées de la réserve. Mon Dieu ! Je ne sais plus où donner de la tête ! Mais tu es encore là ? Qu’est-ce que tu attends ???

-Tiens ! Dit-il en creusant la mousse sur le côté du terrier : voilà ton nouvel appart. Il a trois sorties, dont une près du ruisseau. Je voulais t’en faire la surprise pour la Saint Valentin !

–  Chip ! Chip ! Mon écureuil adoré !

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Corinne :

  • Bonjour Anatole. Heuuuu, elle est bien jolie cette fleur…
  • Elle est pour toi ma Pimprenelle. Est-ze que tu veux bien être ma galante, mon amoureuzzze, ma tendre, ma douce en cette zournée de Zaint–Valentin ?
  • Tu es bien sûr de toi Anatole…
  • Ze prends le rizque
  • Tu te souviens de la dernière invitation que tu m’as faite, quand on est allés souper dans les poubelles du resto… ?
  • Parfaitement… la zoirée à été mémorable et ze me demande si on va faire mieux zette fois
  • Je vais quand même te rafraîchir la mémoire car je pense que, depuis notre virée à toute berzingue sur le patin à roulettes et ta chute sur la tête, ton ordinateur de bord n’enregistre plus les données de façon rationnelle…
  • Z’y ai même laizzé une dent…
  • Tu te souviens que je suis au régime et que le gluten à un effet dévastateur sur mon comportement… Je te rappelle que dans mes gènes j’ai un peu de sang de gremlins et que quand j’en ingère c’est comme activer un code secret, ça démarre comme un diesel poussif et ensuite tu ne peux plus m’arrêter !
  • Ze sais ma douce, mais z’est ze qui fait tout le zel de notre relazion, tu es le piment de ma vie de bouffeur de noizzzettes
  • Bien, tu as amené un peu de ketchop pour manger avec le bleuet, dedans il y a du gluten, c’est parfait… prépare–toi à la transformation, chéri. Tu as pensé à prendre une assurance-vie ? C’est de pire en pire à chaque fois, je peux me targuer d’être une artiste de la transformation. Comme tu me vois là, toute timide, toute gauche limite cruche, gourde même bécasse devant ton bleuet tout pimpant ce n’est qu’une partie de moi… le démon n’est pas loin…….
  • Ze te l’ai dit, c’est toi que z’ai zhoizie. Ze suis allé voir Madame Irma la zhouette et elle m’a dit que z’était un zigne du Zodiaque notre rencontre pendant la lune des Poizzons, on est fait pour être enzemble, tu es ma bouteille de pétillant et ze suis ton tire-bouzhon
  • Comme tu sais parler aux femmes Anatole…
  • Ze zerai ton uzine à gaz, tu zeras ma pointeuse

Ze zerai zage comme une image,  tu zeras impétueuze

Ze zerai ton bon gros naze, tu zeras ma loveuzzze

  • Et poète avec ça… je craque, je fond devant tes grands yeux tous ronds et innocents.

Allez, file le ketchop qu’on aille z’encanailler ! !

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Andrée :

Piaffette ma Mignonette

Je vais te compter fleurette

Mais il y a tellement d’indiscrets

Que je vais employer notre langage secret

Piaffou,mon doudou

Ton attention me touche

Alors , voilà

Tire-bouchon, chon chon

Pointeuse, frimeuse

Régime, trime

Ordinateur, aspirateur

 Assurance vie, codevi

Code secret, discret

Tu suis gentille Piaffette?

Oh voui mon beau Piaffou

C’est beau ce que tu m’ dis là !!!

Et c’est pas fini !

Diesel, arc en ciel

Artiste, fumiste

Ketchup, hold up

Gluten, déveine

Signe du zodiaque, démoniaque

Patins à roulettes,brouette

Encore, encore, Doudou

J’me lasse pas de ta poésie

Portail, canaille

Chaussure, blessure

Calendrier, cendrier

Dent, vent

Arrète, arrète Piaffou

J’en peux plus

C’est trop beau

Quelle classe !

Alors tu m’aimes tant que ça

Il y a que toi pour me dire des mots pareils

Moi aussi je t’aime fort comme une Piaffette

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Hélène :

La scène se passe dans les studios Walt Disney ; le célèbre réalisateur Ronald Faulkner tourne son prochain film animalier « Lazy squirrels ». Il dispose de moyens colossaux ; des images de synthèse à vous couper le souffle et d’autres effets très spéciaux promettent de transporter le spectateur dans une nature féérique plus vraie que nature. Pour les raccords, le réalisateur a eu besoin de filmer quelques scènes avec des acteurs déguisés.

C’est l’heure de la pause entre deux prises. Les acteurs sont épuisés. Le réalisateur les a expressément enjoins de garder leurs costumes car la pause ne sera que de courte durée. John Carpenter et Adam Leave discutent.

-Hey, John, tu peux quand même poser ta fleur ! On n’est pas des bêtes, non plus ! On a le droit de souffler un peu ! Il manquerait plus qu’on passe à la pointeuse et qu’on nous comptabilise nos minutes et nos secondes de pause….

-OK, je vais la poser discrètement, sa fleur en plastoc…attends que Ronald ait le dos tourné…et puis je m’assiérais bien une ou deux minutes pour fumer une clope…

-Quelle vie, quand même ! Nous, les artistes, qu’est-ce qu’on doit pas subir pour gagner notre croûte ! Je sue à grosses gouttes, moi, dans ce truc en poils ! Et puis ça me gratte dans le dos, comment je fais ?

-Au moins, ça nous fait une super méthode pour mincir gratos ! Pas besoin de régime ! Merci Ronald !

-T’as décroché des contrats intéressants, toi, ces temps-ci ? Parce que moi, à part un petit rôle dans une pub pour une assurance-vie et une autre pour des ordinateurs, que dalle ! En plus, ma bagnole a rendu l’âme la semaine dernière – une  superbe ford thunderburd avec un moteur diesel, quel dommage– alors j’aimerais bien mettre du beurre dans les épinards…

-Pour moi, c’est pareil, on sent que c’est la crise… je suis furieux parce que j’ai raté un contrat en or, il y a quelques jours. Si je me souviens bien c’était une pub pour le Ketchoup Kamora ; apparemment ils fignolent un nouveau produit sans gluten – je savais même pas qu’y avait du gluten dans le ketchoup normal – on était plus de 50 le jour du casting ! Figure-toi que le type me demande si je sais faire du patin à roulettes ou du skate… alors moi j’ai été sincère, j’ai dit non, comme un idiot… évidemment, le contrat m’est passé sous le nez…

-Ouais, c’est dommage… sans compter que des fois, tu tombes sur des tordus, qui te causent pendant des heures de leurs petits problèmes, tout ça pour te dire à la fin que t’as pas le « profil »…

-Exactement ! Ca me rappelle le jour où je me pointe chez Paramount, pour remplacer au pied levé Brad Pitt sur une cascade – le personnage devait faire une chute à vélo, manque de bol, Brad Pitt ne sait pas faire de vélo-  ce coup-ci, je correspondais vraiment à ce qu’ils recherchaient… tu sais ce qu’on me demande, au casting ?

-Non ?

-Mon signe du zodiaque !

-Quoi ? Ne me dis pas qu’ils recherchaient un signe précis ?

-Si si ! Ils voulaient absolument que le figurant ait le même signe que Brad Pitt ! Pour mettre « toutes les chances de nos côtés », qu’ils disaient, et parce que soi-disant les planètes machin chose et machin-bidule étaient pile poil alignées comme il faut ! Des nuls, je te dis !

Tout à coup, l’assistante du réalisateur se met à crier :

-Les écureuils, on reprend la scène 3 dans une minute ! Tenez-vous prêts et rappelez-vous votre texte ; je vous redonne les grandes lignes de la scène : Kitty et Louny sont désespérés, leur maman a disparu…ils errent dans la forêt, d’arbre en arbre, quand ils rencontrent l’ours vigneron Balafix qui leur offre un étrange objet : un tire-bouchon en or… l’ours leur explique que cet objet les aidera à retrouver leur maman mais les pauvres petits écureuils sont sceptiques et ne comprennent pas l’importance de cette rencontre…

John adresse la parole à voix basse à son comparse :

-Qu’est-ce qu’il est naze, ce scénario… y’a pas un môme qui peut s’attacher à ce genre d’histoire de tire-bouchon et d’ours à la noix… et pourquoi pas un arbre magique avec une porte à digicode, pendant qu’on y est ? les pôôôôvres petits animaux devraient trouver le code secret pour pouvoir ouvrir la porte et retrouver leur chhheeeeeer foyer avec leur môman chérie à l’intérieur…

-Pffff ! T’as une sacré imagination, mon vieux ! Ahahah, arrête, tu me fais marrer…j’en peux plus ! Je vais avaler des poils !

Soudain Ronald Faulkner en personne surgit ; il tonne :

-ALORS LES ECUREUILS ? C’est pas bientôt fini, ces messes basses ? Et où  est passé l’ours ? Nathacha ! L’OURS, OU IL EST ALORS ?

Nathacha, l’assistante de Faulkner, est prise de panique. Elle cherche partout …en vain…

-Euh…je ne sais pas, il était là il y a une minute…quelqu’un a vu l’ours ? On va le retrouver, John, ne t’inquiète pas…il a dû aller dehors pour fumer…

Elle trébuche alors sur une chose informe de couleur marron : le déguisement de l’ours ! La pauvre Nathacha est complètement affolée…Le réalisateur fulmine :

-A CAUSE DE LUI ON PERD DES MILLIONS à chaque minute de tournage manqué ! OU EST PASSE CET IDIOT ? J’AVAIS DIT QU’ON GARDAIT LES COSTUMES PENDANT LA PAUSE ! Nom de dieu, je vais lui faire la peau et lui botter le …

Pendant ce temps, les écureuils assistent à la scène et se tordent de rire.

-Maintenant, je comprends pourquoi on dit qu’il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant le l’avoir tué !

-Oui, mais tu peux admettre que Ronald est un ours mal léché….

-Quel zoo, ce tournage ! Finalement, je regrette pas d’en faire partie !

 -Mon non plus, mon cher Adam, moi non plus… Aaaaaah, j’ai repris du poil de la bête, on peut filmer jusqu’à pas d’heure, maintenant, je suis prêt !