Entre ciel et terre

Consigne : Choisissez un animal (à l’exception d’un chat ou d’un chien) et faites-nous partager un moment particulier de son existence en écrivant le récit au « je » (c’est votre animal qui est le narrateur).

Dotez-le d’un caractère particulier. Ce moment de sa vie qu’il raconte peut être joyeux ou triste, grave ou léger, il peut être en pleine réflexion philosophique sur sa condition, ou en conflit avec quelqu’un, peu importe.

Ce qui compte c’est que nous, lecteurs, soyons intéressés par le fil de son récit ou de sa pensée, et que nous nous disions que c’est certainement comme ça que ça se passe dans la tête d’un…

–          Qu’est-ce-qu’on est bien là, toutes les deux, tu ne trouves pas ?

–          Oh oui alors !

–          Tu n’as pas le vertige ?

–          Non

–          Tu n’as pas froid, ou faim ?

–          Non, non, j’suis bien

–          Tu n’as pas besoin de prendre un petit bain ?

–          Non, non, ça va bien, dis Maman, raconte-moi encore comment tu m’as trouvée

–          Je te l’ai déjà raconté 50 fois !!

–          Oui, mais j’aime bien !

–          Ah là là, ces gosses !! Et bien c’était au printemps de cette année, après une nuit où il avait énormément plu, le petit ruisseau que tu vois là au pied du saule en avait débordé, il y avait même plein d’eau de la Saône qui était rentrée dans la prairie et avait apporté avec elle beaucoup de petits poissons. Alors, dès que le jour a commencé à poindre, les hérons cendrés s’en sont donné à cœur joie car ils n’avaient aucune difficulté à les repérer sur ce fond vert, ces pauvres petits poissons qui nageotaient sur l’herbe dans 5 cm d’eau. C’était un ballet permanent d’oiseaux, c’était magnifique, oui, je sais, c’était un ballet de mort, mais note qu’ils ne gaspillent pas, ils pêchent pour se nourrir, tu sais, ils sont comme nous tous, sans nourriture ils meurent. Je t’en reparlerai quand tu seras plus grande, mais retiens déjà que ce qui est affreux, c’est de tuer pour tuer, de tuer par méchanceté. Où j’en étais déjà ?

–          Quand les hérons mangeaient les petits poissons

–          Ah oui, tous ces jeux d’ailes et de plumes en vol fixe, en piqué, le mouvement des ailes qui se courbent et se replient pour réduire la vitesse et atterrir, c’était superbe ! Et je voyais tout cela de très près car cette nuit-là j’étais sortie dans la nuit de mon domaine du bois pour venir ici dans la prairie voir la lune se refléter en scintillant sur l’eau qui était agitée des mille soubresauts des grosses gouttes de pluie qui s’y précipitaient. Tout était doré, luisant, brillant, j’avais l’impression que mille étoiles sautillaient et dansaient sur l’eau, c’était…

–          (En la coupant ) Et moi alors, raconte comment tu m’as trouvée ?

–          Ah mais attends, il faut bien que je t’apprenne la beauté de la nature, tu la respecteras  d’autant plus que tu l’auras admirée enfant ! Et puis la poésie, aussi, il faudra que je t’en récite, tu verras. Oui donc j’en étais au matin quand les hérons cendrés sont arrivés, ils ne me voyaient pas car j’étais dans ce petit creux où l’on est, là, et puis on ne me remarque pas facilement, d’autant qu’avec ma tête qui tourne à 270 ° et mes plumes qui me font comme une cape épaisse autour de mon corps, on ne me voit presque pas bouger, ou alors quand je m’envole si l’on m’a dérangée.

–          Maman, tu finis de me raconter !!

–          Hé minute papillon, tiens, ça t’irait bien ça comme surnom, papillon

–          Mais maman, je suis une grenouille !!

–          Mais c’était un p’tit mot d’amour, ma puce. Bon, donc je disais que j’étais là, quand un héron s’est approché du ruisseau, là-dessous, à 2 mètres de moi. Il avait remarqué qu’il y avait des branches coincées en travers, sur lesquelles s’étaient amoncelées des herbes et des feuilles, une vraie nasse dans laquelle s’étaient échoués quelques poissons et une grenouille verte, toute petite, qui a crié de terreur en comprenant le sort qui lui était réservé, après avoir vu disparaître les poissons dans le long bec du héron. Mon sang de maman chouette n’a fait qu’un tour en entendant cette détresse, je suis sortie de ma cachette en déployant mes ailes et en faisant de grands hooou hooou, le héron a eu la peur de sa vie ; il s’est envolé à tire d’aile et je me suis précipitée vers toi, pauvre petite grenouille verte, pour te sauver de la mort. Et voilà !

–          Oui, mais maman, j’avais peur encore, raconte !

–          Bien sûr que tu avais peur, car tu pensais que j’allais te manger et tu continuais de crier quand je t’ai déposée sur la grosse branche et que je t’ai maintenue délicatement avec mes pattes pour ne pas que tu sautes et te fasse manger par un autre héron. Je t’ai parlé tout doucement : « N’aie pas peur, je ne vais pas te faire de mal, tu as bien vu que le vilain héron allait te manger, alors je suis venue pour te sauver, donc je ne vais pas te manger maintenant, réfléchis. Calme-toi, d’abord, viens mettre ton petit corps sous mes plumes car tu as beau aimer l’eau, là tu es frigorifiée ». J’ai écarté mon aile, celle-là, la gauche, et tu t’es blottie dessous, avec juste ta petite tête qui dépassait, tu pleurais à grosses larmes, et puis plus doucement, et puis tu t’es réchauffée et puis tu t’es calmée.

–          Et après, maman ?

–          Après ? Moi le jour je dors, tu sais, alors je ne suis pas retournée au fond du bois car je ne voulais pas te laisser toute seule, perdue. Donc je me suis installée à dormir au fond du creux de ce saule, toujours avec toi sous mon aile et on a passé la journée comme çà toutes les deux, moi je ne dormais que d’un œil car je veillais sur toi, mais toi tu as dormi, tu as même ronflé !

–          C’est vrai ?

–          Oui, c’est vrai, tu sais, de tous nos sens à nous les chouettes, c’est l’ouïe qui est le plus développé, donc si je dis que tu ronflais, tu peux me croire !

–          Et je ronfle encore maintenant, maman ?

–          Non, mais parfois je te sens bouger quand tu rêves, peut-être quand tu rêves que tu sautes dans les flaques d’eau . Et voilà !

–          C’est fini l’histoire ?

–          Ben oui, mon trésor. Après t’avoir sauvée, je me suis sentie responsable de toi. Nous sommes restées ensemble dans ce saule, en nous disant que peut-être ta maman aurait survécu à cette inondation et qu’elle te chercherait. Et puis tu vois malheureusement, elle n’a pas dû survivre puisqu’elle n’est jamais revenue et nous sommes restées ensemble, nous nous sommes habituées l’une à l’autre, en respectant nos différences, et nous sommes heureuses comme ça.

–          Oui, tu es devenue ma vraie maman, maintenant et tu m’aimeras toujours !!

–          Oh oui ma petite grenouille chérie !

20 réflexions au sujet de « Entre ciel et terre »

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